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TOURISME RD CONGO: Kisangani

kisangani_carteRendue célèbre par le livre de V. S. Naipaul « A la courbe du fleuve », Kisangani – Stanleyville jusqu’en 1966 – est l’une des plus anciennes villes du pays. Elle tire son origine du poste colonial fondé en 1883 par l’explorateur Henry Morton Stanley sur l’île Kisangani (Wana Rusari), habitée par des clans de pêcheurs Enya, au milieu des chutes Wagenia qui seront rebaptisées Stanley falls par ce dernier. L’île est située à quelques mètres en amont de la rive du site où se trouve la ville actuelle sur la rivière Lualaba. Ville martyre comme on la surnomme eu égard à son passé chargé, Kisangani connaîtra dès sa création des affrontements : entre les représentants belges de l’Etat Indépendant du Congo et les esclavagistes arabes venus de Zanzibar et commandés par le fameux Tippo Tip. Après des années de conflit ponctuées de diverses défaites et victoires de part et d’autre, la libération de la région par les Belges interviendra en 1898. C’est alors que le district de Stanley falls deviendra Province Orientale avec comme chef-lieu Stanleyville, qui n’obtiendra le statut de ville qu’en 1959. Cette même année, la ville débutera un autre chapitre agité de son histoire, lorsqu’elle devint le fief politique de Patrice Emery Lumumba, futur premier ministre du Congo indépendant, qui y lança le Mouvement National Congolais (MNC). Après l’indépendance du Congo, celui-ci sera arrêté en tenant de rejoindre ses fidèles retranchés à Stanleyville, avant d’être assassiné au Katanga en 1961. Antoine Gizenga installera dans la foulée un gouvernement hostile au pouvoir central de Léopoldville, première d’une série de rébellions lumumbistes, dont la tristement célèbre rébellion muléliste menée par les Simba, qui vont ensanglanter la région jusqu’en 1967. Avec comme points d’orgue en 1964, les opérations Dragon rouge et Dragon Noir qui verront les paras belges sauter sur Stanleyville pour libérer les otages européens.

Plus récemment, la ville a été durement touchée par des années de conflits et d’occupation entre 1997 et 2003, et dont elle se remet péniblement. En 1999, elle fut le théâtre d’affrontements entre deux factions rivales issues du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), un mouvement rebelle congolais en lutte contre Laurent-Désiré Kabila. Et du 5 au 10 juin 2000, c’est la « guerre des six jours » entre les armées ougandaise et rwandaise, ces derniers l’emportant et occupant la ville jusqu’en 2003. Sans surprise, ces années de trouble, qui succédaient à une période de récession, ont été fatales à Kisangani, qui est restée très longtemps isolée et dont le tissu économique s’est littéralement effondré. Même après le rétablissement de la paix en 2003 et la réunification du pays, c’est par voie aérienne que Kisangani était ravitaillée. D’où une montée en flèche des prix des denrées de toutes sortes, au grand dam des Boyomais (les habitants de Kisangani) dont le niveau de vie était déjà bien dégradé par les années de guerre. Il faudra attendre l’arrivée en août 2006 du premier bateau en provenance de Kinshasa, après plusieurs années d’interruption du trafic fluvial entre les deux cités, pour que Kisangani commence à sortir de son isolement et que son approvisionnement s’améliore. Aujourd’hui, si le calme règne sur une grande partie de la province, des poches d’insécurité perdurent toutefois en Ituri ainsi que dans le Haut et le Bas-Uélé. Et même s’ils gardent le sourire, fidèles à leur réputation d’accueil, les Boyomais n’en sont pas moins amers et ont toujours le sentiment d’être laissés pour compte. En attendant des jours meilleurs qui tardent à arriver, et bien que des signes de reprise fassent timidement leur apparition… Blottie entre le fleuve Congo et la rivière Tshopo, Kisangani, « ville espoir » forte de quelque 800 000 âmes, se remet doucement de son passé agité. Et bien qu’elle ait conservé tout son charme, avec ses deux majestueux cours d’eau, ses avenues bien dessinées et ses beaux arbres, la capitale orientale, troisième ville du pays, aurait bien besoin d’une bonne réhabilitation. Kisangani abrite l’une des grandes universités du pays, l’UNIKIS et elle est divisée en six communes : Makiso (le centre économique), Tshopo, Mangobo, Kabondo, Kisangani et Lubunga sur la rive gauche du fleuve.

Surnoms de Kisangani

Les habitants de Kisangani (en swahili littéralement «sur l’île») sont les Boyomais. Si l’administration aime à surnommer celle-ci «ville espoir» en opposition à l’ancienne appellation de «ville martyre» acquise lors des sécessions lumumbistes, les habitants la surnomment affectueusement «Boyoma Singa-Mwambe», ce qui signifie qu’il faut «jeter huit fois le mât avant d’atteindre la plus belle ville» en référence aux Stanley falls composée de huit cascades… Et ce, même si la «Perle du Congo» a honnêtement un peu perdu de son lustre d’antan entre-temps. La commune de Kisangani s’appelle communément «Tolimo» en Kigenia (en raison des échafaudages artisanaux installés sur les chutes Wagenia). La commune de Mangobo est dénommée « Mathématique » en raison des difficultés à trouver une adresse dans des rues qui ne portent pas de noms mais dont les parcelles sont numérotées. Makiso «Miroir» est la commune où est situé le centre-ville avec ses industries, ses centres commerciaux et son marché central. Et elle abrite les plus belles maisons sises sur les plus belles avenues.  Lubunga «Pays» est la commune urbano-rurale qui alimente la ville en produits vivriers. Quant à Kabondo «Pilote», c’est la commune qui prend toujours les devants de toutes les manifestations publiques.

Architecture & développement urbanistique

La figure urbaine de Kisangani dévoile une complexité à la fois topographique et sociale, héritage de son passé mouvementé et de sa localisation à la lisière des sphères d’influence de l’Afrique orientale et du monde musulman avec la culture swahili, et de l’aire culturelle des « gens du fleuve » et de Kinshasa avec la culture lingala. Mais si la ville se découpe assez lisiblement en quartiers où l’influence ethnique reste marquée (quartier arabisé, quartier européen, cités indigènes…) ce qui se dégage de son plan, c’est la très grande cohérence de son paysage urbain et sa faible densité. Kisangani, surnommée à l’époque coloniale la « perle du Congo », se fond graduellement dans son environnement naturel formé par le fleuve Congo et la forêt équatoriale en toile de fond. En 1918, Kisangani totalisait une centaine d’habitants. A la veille de l’indépendance, elle abritait 75 000 habitants pour connaître une forte croissance, surtout à partir du milieu des années 90 lorsque l’insécurité dans la Province Orientale contraignit les habitants à quitter leur région pour s’installer dans la ville qui, aujourd’hui, totalise près de 800 000 habitants. Blessée par la guerre et située dans une région encore instable politiquement, Kisangani évoque à contrario l’ambiance paisible d’une ville de province qui se montre généreuse et accueillante, à l’image de ses habitants et des quelques 250 ethnies qui cohabitent.

Source : Marc Gemoets et Johan Lagae – Tiré du texte de l’exposition « Congo, paysages urbains, regards croisés » – CIVA 2007

Huston, Bogart, Hepburn, Bacall, Zinnemann…

Kisangani, Stanleyville à l’époque, et ses environs peuvent se targuer d’avoir accueilli le tournage de deux films hollywoodiens prestigieux, et quels films ! D’une part « The African Queen » (1950), l’une des œuvres les plus célèbres de John Huston, qui vaudra à son interprète principal, Humphrey Bogart le seul Oscar de sa carrière. C’est la splendide Villa Regina (aujourd’hui en piteux état et renommée « Maison IAT »), l’un des plus vieux bâtiments coloniaux au bord du fleuve, qui a servi de décor aux aventures sentimentales de ce couple formé à l’écran par Bogart et Katharine Hepburn sur fond de première guerre mondiale. Les conditions de tournage seront telles que cette dernière écrira un livre de souvenirs 37 ans plus tard intitulé « African Queen. Ou comment je suis allée en Afrique avec Bogart, Bacall et Huston et faillis perdre la raison »… Autre film quelques années plus tard (1959) avec une autre Hepburn au générique et de passage à Stanleyville pour l’occasion : « Au risque de se perdre » (« A Nun’s story ») du multi-oscarisé Fred Zinnemann avec Audrey Hepburn dans le rôle de cette jeune religieuse belge qui part au Congo et y vit une descente aux enfers, et pour lequel elle sera aussi nommée à l’Oscar. Des scènes du film ont été tournées à l’Hôpital de Stanleyville ainsi qu’à la gare de « Stan », et le décor principal du film installé à la hauteur de la piscine de l’époque. On raconte même que pour les besoins du film, la rivière aurait été élargie pour former une sorte de canal… Kisangani aura connu son heure de gloire hollywoodienne !

Accès

Située à 324 kilomètres de Buta, 572 d’Isiro, 696 de Bunia et 1 750 de Kinshasa, Kisangani est limitée au nord par les territoires de Banalia et Bafwasende, au sud par le territoire d’Ubundu, à l’ouest par le territoire d’Isangi sur la rive droite du fleuve et sur la rive gauche du fleuve, au niveau de la localité de Yalisombo et d’Opala. La ville de Kisangani est traversée par la rivière Tshopo et constitue le point de jonction entre le Lualaba et le fleuve Congo, qui prend son nom à partir de là. Cette abondance de cours d’eau permet à la population de Kisangani de se déplacer et de transporter facilement des marchandises en baleinière, pirogue à pagaie ou motorisée, d’une rive à l’autre et d’un quartier à l’autre. Kisangani constitue de ce fait le plus haut point navigable sur le fleuve Congo et donc le terminus de la navigation fluviale à partir de Kinshasa et de tous les ports de l’ONATRA. Concrètement, il est possible d’atteindre Kisangani en bateau (baleinière) depuis Kinshasa ou la Province de l’Equateur, mais c’est assez long et pas toujours optimal comme moyen de déplacement. Même si des projets de croisières existent et vont être remis sur pied, comme à la grande époque… Le Lualaba (le fleuve Congo en amont de Kisangani) est également en théorie navigable jusque Kindu dans la Province du Maniema, mais il s’agirait davantage de transport commercial. Le meilleur moyen de rallier la capitale orientale reste l’avion. Kisangani possède deux aéroports dont l’un, international, est situé à Bangoka à une dizaine de kilomètres du centre-ville et l’autre, militaire et secondairement civil, est situé à Simisimi. Des connections aériennes existent depuis la plupart des villes du pays. Et outre les compagnies nationales, l’aéroport de Bangoka est également desservi par des compagnies étrangères comme Kenya Airways et Ethiopan Airlines. Pas de quoi faire encore de Kisangani la plate-forme aérienne sous-régionale dont rêvent les autorités provinciales mais c’est déjà ça. Par ailleurs, le réseau routier de la ville et de la province en terre battue, qui avait été envahi par la végétation faute d’entretien pendant des années, est en train d’être réhabilité. Outre la portion de la nationale 4 qui relie Kisangani à Bunia, le chef-lieu du district de l’Ituri, et à Beni, carrefour commercial important de la province du Nord-Kivu, les travaux de réfection ont concerné également l’axe Kisangani-Lubutu, principale cité du nord du Maniema, sur la nationale 3 qui aboutit à Bukavu, le chef-lieu du Sud-Kivu. Ainsi que le tronçon Kisangani-Ubundu, une ville accessible désormais en trois heures et non plus quatre jours comme avant. Cet axe, doublé d’une voie ferrée, constitue une sorte de prolongement du fleuve Congo, inaccessible à la navigation entre les deux villes. La réhabilitation, en cours, de l’axe Kisangani-Buta ouvre par ailleurs une brèche vers le nord. Ces premiers efforts de désenclavement ont permis de réactiver les échanges commerciaux entre provinces. Une aubaine pour les Boyomais qui ont vu affluer à nouveau sur les marchés de la ville quantité de produits dont ils avaient été privés pendant des années… En ville, le moyen de transport le plus utilisé est le taxi vélo communément appelé “toleka”. S’il fut pendant plusieurs années l’un des principaux moyens de déplacement, il n’est à présent plus le seul. Des motos-taxis, des voitures particulières et même quelques bus sillonnent les rues du chef-lieu de la Province orientale. Pas de quoi créer des embouteillages, car les voitures restent rares. Mais signe que la vie reprend petit à petit un cours normal. Comme ailleurs dans le pays, le prix d’une course varie en fonction de la distance à parcourir mais n’excède pas 500FC en général.

Banques

BANQUE COMMERCIALE DU CONGO (BCDC)

B.P. 1018 – & 081 200 60 10 – ksg@bcdc.cd

RAW BANK

avenue Victime de la Rebelion 11 – &  099 861 13 24 – joseph.heri@rawbank.cd

TRUST MERCHANT BANK (TMB)

avenue de la Radio 1 à Makiso – & 081 710 18 81 – kisangani@trustmerchantbank.com

Hébergement

Malgré son statut de troisième ville du pays en termes d’importance, Kisangani reste le parent pauvre face aux autres villes, davantage développées et à l’histoire plus apaisée. Cela se reflète forcément sur l’offre d’accueil et d’hébergement, de moindre qualité qu’à Kinshasa, Lubumbashi ou dans les capitales kivutiennes. Même si l’on constate une reprise timide, et l’apparition ça et là d’hôtels et guest-houses depuis quelques années qui peuvent tout de même combler une demande qui s’affirme davantage chaque jour avec le passage d’hommes d’affaires et la présence d’ONG humanitaires, toujours nombreuses à l’heure actuelle dans la région. Et même si le standing d’hébergement est un peu moindre qu’ailleurs, le bon point c’est que c’est également moins cher et qu’il n’est pas rare de trouver des établissements à moins de 50$, contrairement aux autres villes du pays. A l’inverse de celles-ci, Kisangani ne dispose plus non plus d’hôtels hauts de gamme. Son fleuron hôtelier, le Congo Palace (Zaïre Palace) fut le théâtre d’affrontements violents dans le cadre de la guerre des six jours en 2000 dont il porte encore les stigmates, et il est toujours en attente d’une prochaine (?) réhabilitation.

Bon Samaritain

Commune de Makiso – Boulevard du 30 juin 43/B – – 0812498166

Bâtiment relativement récent équipé de dix chambres réparties en deux catégories, à 40$ et 50$. Avec l’équipement de base : climatisation, SDB avec douche, chauffe-eau, frigo, télévision avec décodeur proposant une large gamme de chaînes étrangères. Possibilité de se restaurer (cuisine locale essentiellement).

Centre d’accueil Ruwenzori

Commune de Makiso – Boulevard Lumumba 44 – – 0998382159

0811713117 – 0851730342

Autoproclamé la « fierté de Kisangani ». Sans aller jusque là, il est vrai que c’est l’un des établissements hôteliers réputés à Kisangani (ouvert par un habitant de Beni, d’où le nom de la montagne nord-kivutienne donné à son enseigne), situé entre le centre commercial et le bureau du Gouvernorat. Cadre agréable et vert avec un jardin bien entretenu et une belle bâtisse blanche assez sobre. Cinq chambres climatisées avec salle de douche, frigo et petit salon. Appartements entre 80$ et 100 $/nuit.

Guest House Harmonie

Commune de Makiso – Boulevard Lumumba 59 -

Cadre calme et relativement harmonieux comme son nom le laisse à penser, à proximité du centre commercial. Cinq chambres correctes à 40$, PDJ compris. Possibilité de restauration.

Guest House Saint-Charles

Commune de Makiso – Avenue de l’Eglise 6 -

Petite guest house sans prétention avec cinq chambres climatisées et au confort correct à 25$/nuit. Pas trop mal située, à l’arrière de feu l’Hôtel Congo Palace.

Guest House Zongia

Quartier des Musiciens. Commune de Makiso – 8e Avenue Kabasele – – 0998508478

Etablissement anciennement aux mains de feu le Révérend Zongia, une figure bien connue à Kisangani, opérateur économique à ses heures dans le secteur hôtelier, pétrolier et minier, en plus de son activité ecclésiastique. Cette pension, au départ réservée à des fins religieuses, est localisée dans un quartier résidentiel assez plaisant dans le nord de la ville, et compte 33 chambres spacieuses avec le confort nécessaire. 40$ la nuitée avec certains repas inclus. Restauration congolaise dans l’ensemble.

Guest House-Pendeza

Commune de Makiso – Boulevard Lumumba 67 – – 0854216296

Construction assez moderne avec fenêtres miroirs bleutées à la Dubaï. L’établissement possède une dizaine de chambres équipées comme il se doit et avec balcon à 55$, 60$ et 70$, PDJ compris. Appartement à 80$. Restauration avec les classiques internationaux et congolais.

Hôtel de l’administration de la Sotexki

Commune de Makiso – Dans l’enceinte de l’usine Sotexki -

L’hôtel se situe sur le site de la Société Textile de Kisangani, créée en 1971. Vaste ensemble avec les différents bâtiments de l’usine (tissage, filature…) et une grande cour extérieure, situé dans un cadre très vert le long de la rivière Tshopo, en dehors de la ville. 10 chambres entre 80$ et 100 $/nuit, petit déjeuner compris. Possibilité de promenade sur la rivière Tshopo à bord d’une baleinière.

Hôtel Kisangani

En face du restaurant Psistaria. Commune de Makiso – Route de Bafwaboli – – 0997095728

Il s’agit de l’ancien Hôtel Stanley du temps de la colonie, mais qui a perdu son panache d’antan. 28 chambres qui ne cachent pas leur âge et qui tout en ayant l’équipement minimum (clim, eau ± courante…) auraient bien besoin d’un petit coup de ripolinage. Restaurant et terrasse/jardin plutôt agréables à l’arrière. Pour les petits/moyens budgets amateurs de vieilles pierres et pas trop regardants sur le confort.

Hôtel Les Chalets

Commune de Makiso – Avenue de l’Industrie 4 – – 0998508407

0998499745 – 0998224316

L’une des meilleures adresses de Kisangani, largement fréquentée par une clientèle occidentale d’habitués (ONG, UN…). Cadre agréable avec pavillons, cours intérieures, terrasse/paillote et piscine. 26 chambres (55$, 80$ et 116$) selon la catégorie et la taille, PDJ compris. Pas de WIFI mais internet disponible à la réception. L’hôtel Les Chalets est aussi réputé pour son restaurant/bar.

Hôtel Palm Beach

Avenue Colonel Tshatshi 6 – – 0998764020

0998539280

L’Hôtel Palm Beach a été aménagé en 1995 au départ des anciens bureaux de la Belgika pour le compte d’un général de l’armée de l’air et pilote de Mobutu. Il s’agit d’une imposante bâtisse blanche donnant sur le fleuve. L’hôtel comporte 25 chambres (75$), appartements (100$) et villas (180$) avec TV satellite, clim, électricité et eau en permanence. PDJ et WIFI inclus. Beaux jardins avec palmiers, piscine, paillotes. Restaurant assez coté en ville. Même si l’ensemble est un peu surfait.

Hôtel Riviera

Commune de Makiso – Avenue Bondekwe 16 – – 0853559581

0853559581 – 0998539090

Proche du célèbre Congo Palace, l’Hôtel Riviera fait partie des « références » en ville en termes d’hébergement et de restauration (même si à Kisangani tout est relatif). Aménagé à partir d’une boulangerie qui aux dernières nouvelles fonctionne toujours, le bâtiment a été transformé en hôtel d’une part avec une vingtaine de chambres à l’arrière de la parcelle (à partir de 60$ avec PDJ et WIFI), et d’autre part en bar / resto à l’occidentale assez sympa à l’avant. Cadre agréable avec jardin et terrasse.

Procure (La)

Commune de Makiso – Croisement Avenue de l’Eglise / Avenue Marie-José -

La Procure des Frères Maristes est un bel et imposant édifice en briques rouges et toit de tôle, on ne peut pas le louper ! La Procure servait à l’époque à loger les missionnaires en transit par Stanleyville et de quartier général pour l’appui aux missions à l’intérieur de la province. Comme ailleurs dans le pays, il est possible d’y loger pour un coût moins élevé que dans la plupart des hôtels, dans des chambres basiques mais propres et correctes. Beau jardin et terrasse. Une bonne alternative, comme souvent.

Restaurants

Même tendance pour la restauration que pour les hôtels, l’offre est plutôt rikiki et peu diversifiée. En dehors des quelques références ci-dessous et des nombreuses gargotes locales qu’on trouve aisément (mais pas toujours durables), les autres endroits assez prisés sont les restaurants de l’hôtel Riviera, hôtel Les Chalets, Palm Beach Hôtel, hôtel Kisangani et Centre d’accueil Ruwenzori entre autres. Sachant que l’approvisionnement de toute une série de produits, stoppé pendant les années de guerre et de disette, n’est pas encore au top même s’il s’est nettement amélioré ces dernières années. Et que la proximité du fleuve offre par ailleurs l’avantage de pouvoir consommer des poissons et autres cossas cossas d’une fraîcheur inégalée.

Bourgeoisie (La)

Avenue des Victimes de la Rébellion 12 -

45 places. Cuisine internationale et congolaise. Bon accueil, cadre et atmosphère agréables.

Cercle Hellénique

En diagonale de l’Alliance franco-congolaise. Commune de Makiso – Croisement Bd Mobutu et Avenue Lac Moero -

L’autre restaurant prisé en ville par les expatriés notamment. Et qui, sans surprise, propose des spécialités grecques, en plus d’autres plats et d’une formule buffet, à des tarifs un peu plus élevés que la moyenne. Beau cadre avec jardin et belle vue sur le fleuve Congo.

Chez Jenny

Sur la rive gauche de la rivière Tshopo – -

Au bord de la plage de la rivière Tshopo sur sa rive gauche, bon cadre de détente sous le soleil. Pour se restaurer avec les classiques du cru ou juste boire un verre tranquille. Ouvert du lundi au dimanche avec possibilité de pic-nic le w-e.

Cèdres (Les)

Commune de Makiso – Croisement Boulevard du 18 Octobre et Avenue Wagenia -

Ce restaurant a élu domicile depuis quelques années dans le bâtiment emblématique en coin du défunt hôtel Wagenia, fleuron de la colonie. Spécialités libanaises avec burgers et shawarmas à des prix raisonnables.

Loboko Pete

Commune de Makiso – Avenue Musibasiba 11 -

Autour de bières brassées localement, on déguste essentiellement quelques plats congolais dans une ambiance chaleureuse et typique de ce genre de gargotes locales.

Pavillon (Le)

Quartier des Musiciens. Commune de Makiso – 4e Avenue Feruzi -

Enseigne typiquement congolaise. Plat et menu du jour à partir de midi dans un cadre convivial même si sans prétention.

Psistaria

En face de l’Hôtel Kisangani. Commune de Makiso – Route de Bafwaboli – – 0853146030

0813543454

Probablement la meilleure offre de restauration en ville, réputée pour sa belle carte de poissons d’une fraîcheur à toute épreuve vu la proximité du fleuve, ainsi que pour ses steaks et pizzas au feu de bois. Budget moyen de 15$ à 20$. Possibilité de manger en salle ou terrasse. Largement fréquenté par les humanitaires et la MONUSCO.

Verdure (La)

Quartier des musiciens. Commune de Makiso – 8e Avenue Kabasele 5 – – 0853146029

Chouette cadre à la Verdure. Et dans l’assiette bien sûr de bons légumes : haricots, pondu, fufu, bananes… On y vient et on y revient toujours.  Même si c’est sans prétention.

Vie Nice

Commune de Makiso – Avenue de l’Industrie 45 -

Une autre enseigne typique avec accents de cuisine du cru sur fond de musique locale également, mais en sourdine pour une fois.

Sortir

Ange Noir (A modifier)

Avenue Sergent Ketele 11 -

Espace restreint et réduit pour onduler aux rythmes de chansons congolaises, africaines et mondiales en vogue.

Baobad

Sisi Kwa Sisi -

Lieu idéal pour se trémousser entre amis sur les standards de la chanson congolaise et partager des moments agréables autour de bonnes bières locales. Décor agréable entouré de gros manguiers.

Boyoma Boyoma 2

Avenue Musibasiba 6 -

Cadre d’ambiance respectable, belle sélection musicale, choix de boissons locales et étrangères. Tout ce qu’il faut !

Espace Skol

Avenue Lac Moero 23 -

Sympathique endroit pour les amateurs de cette marque de bière bien connue au Congo. C’est à Kisangani chez Unibra (Bracongo) que l’on brassait la Skol mais la brasserie a été absorbée par sa concurrente, Bralima. Cadre propice aux discussions à bâtons rompus, idéal pour se détresser après une journée ou semaine de travail…

Inter Tshopo

10e Avenue 98 -

Espace conseillé aux adeptes d’ambiance. Et ce, de jour comme de nuit. Chouette décor avec places assises disponibles. Bonne sélection musicale, les bières et sucrés habituels aux prix réglementaires avec possibilité de grignoter quelques morceaux de brochettes et chikwangue.

Mandarine

Avenue Musibasiba 4 -

Belle ambiance, décor en bambous. Une autre adresse prisée par la jeunesse locale de Kisangani.

Night Club Interdit

Non loin de l’hôtel/resto Riviera. Commune de Makiso – Avenue Bondweke -

L’un des rares clubs qui se distingue un peu des autres ngandas et autres terrasses animées en ville. Prévoir sa tenue et son budget en conséquence.

Skol vs Primus

C’est le cas à l’échelle du Congo mais c’est encore plus symptomatique à Kisangani où la rivalité des ces deux bières issues de brasseries concurrentes est particulièrement affirmée et cela depuis leurs origines. Et qui sont sources d’anecdotes historiques ayant marqué à des degrés divers le passé de la ville. On raconte en effet que Patrice Lumumba, figure emblématique de l’indépendance du pays, aurait aiguisé avant l’heure ses talents de persuasion et propagande lorsqu’il était en charge de la promotion de la bière Polar, ancêtre de la Skol produite par Stanor, qui deviendra Unibra puis Bracongo. Et qu’il aurait même réussi à l’imposer alors que cette bière « de Blancs » faisait au départ l’objet de rumeurs (lancées par la concurrence ?) portant sur le caractère prétendument anti-viril (entendez : qui rendait impuissant), ce qui ne jouait pas en sa faveur au sein de la population, on l’imagine… Quant à la Primus, sa popularité fit un bond en avant, lorsqu’en 1960 l’on vit le Roi Baudouin de Belgique la boire à Kisangani au bar La Lumière sur la 15e avenue en face du Petit Marché. Ce jour-là, on raconte que la Primus fut consommée à gogo dans toute la ville, grâce à ce coup de pub, sans doute bien involontaire du souverain belge… Toujours est-il qu’aujourd’hui, après des années de domination de la Skol et de Bracongo à Kisangani, c’est la Bralima, propriétaire de la Primus, qui a racheté les installations de sa concurrente en 1993. Et que la Primus semble désormais y régner en maître… Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ?

Sous Sol

Commune de Tshopo – 15e Avenue -

Proche de la commune Mangobo, un nganda (bar) typiquement congolais avec décor de bambous et musique locale à exploser les tympans. Incontournable.

Sun City

Boulevard du 30 juin 23 -

Musique à se boucher les oreilles et piste à s’ouvrir bien grands les yeux. Décor vitré et très lumineux. Fort fréquenté par les Boyomais.

Loisirs

A l’image des autres secteurs, celui des divertissements et loisirs émerge peu à peu à Kisangani depuis la fin des troubles que la ville a connus. La culture semble même être le secteur où l’ambition affichée de redorer le blason de la ville est la plus affirmée et où le plus d’initiatives sont entreprises en ce sens. Parmi celles-ci, signalons aussi la plateforme internet www.boyomart.net lancée par les Studios Kabako en collaboration avec d’autres artistes de la ville, et qui retrace leur actualité et les derniers projets en cours. Pour le reste, au niveau sportif, bien qu’il ne reste plus grand chose des nombreuses infrastructures construites du temps des Belges (Yacht Club, Cercle Hippique, Golf, Bassin de Natation…), citons tout de même le Stade Lumumba où se déroulent les matches de football dans le cadre des championnats régionaux et nationaux, et qui rassemble leur lot de supporters en délire. Il est également question de construire un stade moderne d’une capacité de 50 000 places ainsi que quatre stades à ciel ouvert (et un hôtel de 120 chambres) dans l’hypothèse où la candidature de la RDC pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations en 2015 ou 2017 serait retenue. Le tout serait financé par une banque américaine… A côté du football, sport roi au Congo, le basketball est aussi pratiqué au Stadium Hellénique situé à coté de l’Alliance franco-congolaise dans la Commune de Makiso.

Alliance française de Kisangani

Commune de Makiso – Avenue Mobutu 34 – – 0998536050

0998633616 – 0811825899

Appelée aussi l’Alliance franco-congolaise de Kisangani. L’AFRACO propose des cours de français, de swahili, une bibliothèque, des activités culturelles (spectacles, projections, concerts…) parmi d’autres services. L’une des institutions socioculturelles dynamiques de la capitale orientale.

Cercle Boyoma Culture

Commune de Makiso – Avenue Fina 14/1 -

www.cboc.e-monsite.com

Créé à l’initiative notamment du célèbre dessinateur de BD congolais Barly Baruti, boyomais d’origine, suite à l’expropriation et destruction de son « Espace à suivre » à Kinshasa. Le Cercle Boyoma Culture est un réseau d’échanges qui rassemble les associations et artistes de Kisangani, toutes disciplines confondues, en vue de redynamiser et promouvoir les activités culturelles de la ville et de contribuer au rayonnement positif de celle-ci et de la Province Orientale. Le Cercle se veut un cadre de divertissement et d’ « attraction culturelle permanente ». Il dispose pour ce faire d’un studio d’enregistrement et d’un lieu polyvalent pour l’organisation d’activités culturelles (spectacles en théâtre, danse, concerts, projections, expositions, conférences, lieu de lecture,…). En plus d’une cafétéria et d’un espace de divertissement (billard…).

Ciné Eros

Commune Makiso – Avenue de l’Eglise 54 -

Les activités socio-culturelles ont repris leur cours au Ciné Eros dans la commune de la Makiso, après une vingtaine d’années de léthargie due à la guerre et à la conjoncture difficile traversée. L’immeuble Ciné Eros est une ancienne propriété de l’ex Zaïre Fina. Sa gestion a été confiée à l’ONG Fondation Kindoki pour le Développement (FKD). C’est l’un des seuls endroits de la ville où l’on peut venir voir un film, parmi d’autres activités. Avec musique congolaise et étrangère en première partie.

Espace culturel Ngoma

Commune de Makiso – Avenue Finant 13 -

Il s’agit d’un espace culturel multidisciplinaire (théâtre, danse, musique…) acquis et géré par la compagnie théâtrale des Amazoulous / Groupe TACCEMS dont l’ambition est d’en faire un pôle culturel de premier ordre à l’Est et même à l’échelle du pays. Et c’est plutôt bien parti. Le centre organise en effet des activités culturelles de grande envergure dont un Festival Ngoma en avril rassemblant les talents du « pôle culture Est ». Afin de valoriser, favoriser et promouvoir la culture et la production théâtrale en Province Orientale et dans les autres provinces de l’Est, ainsi que dans les pays voisins. C’est aussi l’une des rares salles du pays susceptibles d’accueillir des spectacles techniquement ambitieux grâce à son équipement de haut vol, ce qui en fait l’un des lieux culturels les plus performants de la RDC. Et qui permet à l’Espace Ngoma de favoriser la diffusion de spectacles étrangers à Kisangani et dans la Province, notamment dans le cadre de sa collaboration avec le Théâtre de Poche à Bruxelles et d’autres partenaires européens. En dehors du festival et des spectacles ponctuels, l’espace programme aussi régulièrement des cinéclubs.

Place du zoo

En bordure de la rivière Tshopo sur la rive droite en traversant le pont, incursion au jardin zoologique de Kisangani, même s’il n’a certes plus fière allure aujourd’hui. Baleinière disponible pour des promenades sur la rivière. Restaurant et boissons disponibles, spectacles le we.

Rap boyomais

Kisangani, théâtre de nombreux troubles, mais qui est aussi (par conséquent ?) une terre fertile pour le hip hop, slam et rap, voies royales pour transcender ces maux dans un ultime sursaut artistique de dénonciation et résilience. De fait, Kisangani est aujourd’hui l’une des scènes musicales les plus vives dans ces disciplines, qui ont émergé pendant les années de guerre. Le chef de file de cette nouvelle génération de rappeurs boyomais, c’est sans conteste Alesh Kaposo qui dédie régulièrement ses chansons à cette ville qui l’a vu naître, et à ses habitants dont il rend souvent hommage au courage et à la persévérance. Autour de lui gravitent toute une série d’artistes qui commencent également à faire parler d’eux, tels que Pasnas, Ridenza, T2B, DJ Patch, Big Joe, Le Coq, Dr. Deep, Eric Yakuza, Mogay… Tous ces jeunes talents de Kisangani n’ont qu’un seul souhait, martelé avec discernement et ferveur à longueur de morceaux et albums, et qui est à l’image de ce titre phare d’Alesh « Kimia Kaka » : « Rien que la paix » pour leur ville, province et pays. Et qui se clôture en ces termes : « pour que de notre chute, on se relève, il nous faudra ranger nos glaives ».

Studios Kabako

- – 0821661293

www.kabako.org

Les Studios Kabako, c’est le bébé du célèbre chorégraphe et danseur Faustin Linyekula qui choisit en 2001 de revenir dans sa ville natale et d’y créer cette structure culturelle dédiée à la danse et par extension à l’art et la culture. Avec l’ambition de faire de la ville martyre la capitale culturelle du Congo, rien moins que ça ! En plus de soutenir des démarches de création dans les domaines du spectacle vivant (danse, théâtre, musique), mais aussi de l’image et du son, les Studios Kabako travaillent à l’établissement d’un réseau de trois centres culturels dans différentes communes de la ville : un premier centre à Makiso consacré à la diffusion de spectacles, concerts, projections ; un second dans le quartier de Simisimi qui servira de lieu de résidence d’artistes (studio d’enregistrement, post-production vidéo, espace de répétition en danse, musique, théâtre…) ; et le troisième sur Lubunga qui sera davantage dédié aux actions de proximité avec la population. Mais Les Studios Kabako sont aussi en réseau avec d’autres centres culturels renommés au Congo (Yolé! à Goma, la Halle de la Gombe à Kinshasa…) et à l’international (Afrique du Sud, Europe, USA…). Les Studios Kabako collaborent avec de nombreux artistes dont certains jouissent à présent d’une certaine renommée nationale ou internationale, tels que les rappeurs Alesh, Pasnas et Didjak Munya, le danseur et chorégraphe Dinozord, le réalisateur Dieudo Hamadi, le guitariste Flamme Kapaya…

Tennis Club

Commune de Makiso – Avenue Finant 8 -

C’est l’une des rares infrastructures sportives et de loisirs en bon état en ville. Pour les amateurs de tennis, et pour ceux qui voudraient se frotter aux champions locaux…

Points d’intérêt

Kisangani et ses environs recèlent de quelques sites et attractions qui valent le détour. Dans la ville même, on peut observer de nombreux bâtiments et vestiges coloniaux ou ce qu’il en reste : la cathédrale Notre-Dame, l’un des symboles de la ville, et son rosaire ; l’ancien Hôtel des Chutes, autre édifice emblématique (en ruine) ; la Villa Regina où à été tourné le film « The African Queen » en 1951 ; l’Hôtel Congo Palace ; le marché central et la 1ere avenue avec ses bâtiments du 19e siècle ; la Place des Martyrs ; Place de la Femme… Kisangani abrite aussi un Musée National avec une collection archéologique et ethnologique, et quelques autres édifices religieux dont une mosquée ismaélienne dans le quartier Kilima ya Bahindi et l’église de Lubunga sur la rive gauche construite en 1904, parmi d’autres. En dehors de la ville, et hormis les pêcheries / rapides de Wagenia et la cité agronomique de Yangambi, on peut visiter l’île Mbiye et son écosystème forestier protégé ; les pêcheurs Lokele et leurs « villages flottants » ; les chutes de la rivière Tshopo sur la route de Buta (3 km du centre-ville) et sa plage de sable fin fort prisée le we par les Boyomais ; les rapides Wanie-Rukula à 55 km de la ville ; les chutes de la Lindi Bengamisa à 50 km ; la résidence de Mobutu sur la route de Lubutu ; les installations hydroélectriques… La ressource majeure de la ville étant le fleuve et ses affluents, comme on le constate, sur lesquels il est également possible de se balader en pirogue tout en visitant les villages aux alentours.

Expédition biodiversité sur le fleuve Congo

Le 30 avril 2010, une équipe scientifique multidisciplinaire a pris le départ de Kisangani pour étudier le fleuve Congo et les régions qui le bordent. Cette grande expédition a été baptisée Boyekoli Ebale Congo (« étude du fleuve Congo » en lingala). Elle était constituée de scientifiques congolais, belges et issus d’autres pays. Pendant cinq semaines, 67 zoologistes, botanistes, géologues, cartographes, hydrologues, archéologues et linguistes se sont attelés à l’étude de ce milieu exceptionnel à bord de deux embarcations qui ont effectué l’aller-retour Kisangani/Bumba, soit une distance de 1 000 kilomètres. Ceux-ci ont analysé la qualité de l’eau du fleuve et de ses affluents et ont étudié leurs populations de poissons et d’invertébrés. Ils se sont également penchés sur la faune et la flore des forêts, visitant les villages et y interrogeant leurs habitants. Leur objectif : améliorer la connaissance de ce gigantesque bassin fluvial, le deuxième plus grand territoire de forêt tropicale au monde, véritable joyau naturel et qui constitue encore une terra incognita pour certaines disciplines scientifiques. Et ce, en récoltant des échantillons du fleuve Congo et des alentours afin de pouvoir dresser une cartographie de la biodiversité congolaise. Tous les résultats issus de cette étude ont été centralisés dans une banque de données. Plus d’informations sur : www.congobiodiv.org

Les pêcheurs Wagenia

Les Wagenia sont un peuple de pêcheurs qui vivent le long du Lualaba, entre Kisangani et Ubundu. Ceux-ci sont réputés pour leur légendaire habilité à la pêche au moyen d’une technique halieutique ancestrale et unique au monde : la pêche Enya. Celle-ci consiste à élaborer des échafaudages en bois assemblés par des lianes au-dessus des rapides présents à cet endroit du fleuve. Ingénieux dispositif que les Wagenia parcourent avec une incroyable agilité pour poser et relever leurs nasses, ainsi que pour effectuer des réparations, agrandissements ou déplacements si nécessaire. Mais outre d’habiles pêcheurs, les Wagenia sont aussi connus pour être d’excellents piroguiers. Lors de fêtes, des régates sont organisées et il est possible d’admirer l’habileté des pagayeurs manœuvrant des embarcations montées par une quarantaine d’entre eux, debout, scandant leurs mouvements au son du tam-tam et avec des battements de pieds caractéristiques. Les danses des jeunes femmes wagenia, parées de ceintures, colliers et bracelets de perles sont également exécutées à l’occasion des grandes festivités. En outre, le site des chutes Wagenia où se pratique la pêche, à 5 km du centre-ville de Kisangani, vaut également la peine, avec possibilité de se restaurer grâce au butin fraîchement pêché et préparé sur place.

Yangambi

Yangambi, majestueuse cité fluviale à 90 kilomètres de Kisangani, est particulière : elle s’est construite à partir d’une station de recherche agronomique installée du temps des Belges. Composée de villas et grandes allées, vestiges de cette période coloniale, elle est située au cœur d’une réserve forestière de grand intérêt. De ce fait, la recherche scientifique y est toujours féconde et les ressources naturelles nombreuses. La station abrite par ailleurs un véritable trésor scientifique. Son herbarium (herbier) de 150 000 spécimens de plantes séchées est le plus grand d’Afrique avec ses 6 500 espèces, soit 65 % de la flore connue de la RDC. La xylothèque (collection d’échantillons de bois) comporte quant à elle 1 250 spécimens. Les plantes vivantes y sont aussi à l’honneur : à côté du jardin botanique de 11 hectares s’étend l’arboretum, implanté dans les années 60. Outre toutes les essences d’arbres congolais intéressantes sur le plan économique, il se compose de onze parcelles plantées d’arbres qui constituent aujourd’hui des instruments idéaux pour étudier la production de bois ainsi que la capture de CO2 par les arbres. Yangambi compte également une aire naturelle de 2 200 hectares qui jouxte une réserve de biosphère de 4 000 hectares, constituée à 80 % de forêt tropicale originelle et intacte. Les bâtiments, dont une maison d’hôtes présente sur le site, et les collections demeurés en assez bon état ont fait récemment l’objet d’une réhabilitation. Grâce à ces mesures de redynamisation, Yangambi redevient ce site de haut niveau dans la recherche internationale et constitue un outil scientifique unique pour étudier la diversité végétale congolaise et afin de mieux la protéger dans l’optique d’un développement durable. La Belgique investit énormément dans ce patrimoine dont la réhabilitation a été financée en partie par la CTB (coopération technique belge). Par ailleurs, le WWF met en place avec les habitants un plan et une structure de gestion participative de la réserve forestière. Plus d’informations sur : www.wwf.be. A voir également sur le site, l’arbre de l’authenticité, un très gros boabab. Pour se rendre à Yangambi depuis Kisangani, la voie royale, c’est évidemment le fleuve : compter quatre heures en bateau motorisé. Ou par route en moto, moins joli, mais très typique aussi.

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